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Rencontre avec Hervé AUDEBERT

Directeur de l’EHPAD « La Meulière de la Marne » à La Ferté sous Jouarre

 

Pourriez vous vous présenter ?

Je suis le Directeur de l’EHPAD La Meulière de la Marne, à la Ferté sous Jouarre, depuis fin 2018. Je travaille dans le secteur médicosocial et les EHPAD depuis l’âge de 18 ans. J’ai intégré le groupe LNA Santé en 2013, d’abord en Essonne puis en Seine et Marne.

L’EHPAD que je dirige compte 125 résidents répartis en 5 unités de vie, 3 unités ouvertes et 2 unités protégées, un PASA de 14 places, un Accueil de jour de 12 places et une Plateforme d’accompagnement et de répit (le Nid des Aidants 77).

 

Comment avez vous été informé de la première crise Covid ?

A la mi-février par les médias et principalement de la situation en chine.

Le groupe LNA SANTÉ a décidé d’anticiper des mesures de confinement début Mars.

Nous avons découvert que 2 résidents avaient des signes évocateurs du Covid quasi au même moment. Il se trouve que les résidents n’avaient pas le Covid.

 

Quelles mesures avez vous prises ?

Nous avons confiné le 5 mars : pas de visite des familles, pas d’entrée de fournisseurs… et cela 15 jours avant les mesures officielles. De mars à juin, nous avons donc pu gérer sereinement la situation. Les résidents ont été confinés, les salariés symptomatiques ont fait des tests de dépistage. Nous étions prêts à déployer une unité Covid mais nous n’avons pas eu de cas.

 

Comment ce sont passés les relations avec les familles ?

Parfaitement. Nous avons communiqué en toute transparence, par mail et en temps réel. Nous avons eu beaucoup de soutien des familles, elles nous ont envoyé des mails et photos d’encouragement. Les équipes ont fortement appréciés ces soutiens.

 

Avez vous connu des problèmes de matériels ?

Nous n’avons pas eu de vraies difficultés. Nous avions des stocks et comme nous n’avons pas eu de cas en interne, nous avons pu dépanner d’autres établissements. Il y a eu un fort soutien entre établissements, impactés ou non.

Nous n’avons eu aucun problème de médicaments, que ce soit par notre filière habituelle ou avec les officines de ville en dépannage.

 

Et les relations avec les tutelles ?

Nous avons de très bonnes relations avec l’ARS, le département. Le médecin coordonnateur et plus largement le pôle médical sont restés en relation avec l’ARS et la filière gériatrique.

 

Comment s’est passée la deuxième vague ?

Le déconfinement et les vacances se sont bien passées. Nous avons reçu une recommandation de l’ARS mi-aout demandant de remettre en place les visites des familles sur RDV. Début septembre, nous avons organisés ces recommandations.

Le 4 septembre, deux résidents ont eu des symptômes et 1 a été testé positive. Entre cette date et début octobre, 3 résidents ont été testés positifs mais asymptomatiques. Après le 9 octobre, de nouveaux résidents ont eu des symptômes dans les 3 unités ouvertes. Des salariés également. Nous avons dépisté l’ensemble des résidents et du personnel. Trois campagnes de tests ont été réalisées.  Plus de 60 % ont été testés positifs. Nous avons déploré des décès, liés ou non au Covid, pendant cette période.

Nous sommes enfin sortis de la deuxième vague. Les derniers isolements ont été levés mi-novembre. Les salariés sont testés toutes les semaines pendant le mois de décembre.

Pendant cette période, nous avons continué de communiquer avec les familles en toute transparence, sans soucis particulier.

 

Quelles ont été vos relations avec le SAMU, les urgences ?

Pendant la première vague, nous n’avons eu que très peu de besoin, néanmoins, lorsque cela a été le cas, les services d’urgences n’ont pas accepté nos orientations. Pour la deuxième vague, nous avons eu recours à l’HAD et aux soins palliatifs, pas aux services d’urgences.

 

Et avec les médecins généralistes ?

Il y a eu un frein de l’établissement et des médecins pour entrer dans l’EHPAD, et nous n’avons finalement pas eu besoin de les faire intervenir. Ils sont restés disponibles pour les prescriptions à distance. Nous avions, en amont de la crise, un projet de télémédecine avec le GHEF mais il n’a pas été finalisé. Nous avons un médecin généraliste salarié prescripteur, 3 jours par semaine. Nous n’avons jamais eu le sentiment d’être débordés. La charge de travail est restée normale.

 

Avez vous rencontré des difficultés en ressources humaines ?

Non. Nous avons toujours pu gérer l’organisation. La prise en charge des décès a été violente pour les salariés. Ne pas pouvoir accompagner les résidents, les familles. Le groupe a mis à disposition des soutiens pour les équipes mais peu s’en sont saisis. Des psychologues et des responsables d’équipe sont restés à l’écoute.

 

Avez vous eu des besoins en soins palliatifs ?

Nous n’avons pas eu de problème particulier. Nous avons géré avec l’HAD Centre 77. Nous ne connaissions pas l’astreinte de soins palliatifs. Nous avons eu recours, en revanche, à l’astreinte de la filière gériatrique.

 

Cette crise vous a fait elle fait changer votre organisation ?

Les moments conviviaux avec les salariés sont plus fréquents. J’essaie d’être plus présent, plus souvent hors de mon bureau. Nous communiquons plus avec les salariés, les familles. Tous ont eu un sentiment de culpabilité sur l’entrée du Covid dans l’établissement.

Nous avons toujours eu l’autonomie nécessaire pour fonctionner, vis à vis des tutelles ou du groupe LNA SANTÉ mais un soutien permanent organisé en cas de besoin. Le conseil de vie de famille a été organisé en visioconférence pour ne pas perdre le lien. Les deux psychologues de l’établissement sont restés disponibles et à l’écoute.

 

Des enseignements à tirer ?

La crise a jeté un coup de projecteur sur les EHPAD. Le bashing est assez injuste. La grande majorité des établissements fait bien son travail.

Dans les unités protégées, le confinement a été bénéfique pour les résidents : moins d’agitation, moins de dénutrition. Nous avons une meilleure connaissance des résidents.

Nous avons besoin de créer du lien avec la filière gériatrique, pour éviter aussi le passage par les urgences. En semaine c’est plus facile. Peut être aussi reprendre le projet de télémédecine. Nous attendons beaucoup de la filière gériatrique.

 

Quelles relations avec le DAC ? Qu’en attendez vous ?

Nous avons toujours participé aux groupes de travail avec le réseau GOSPEL et la MAIA.

Nous attendons du DAC des rencontres régulières, sur des thématiques définies ou non. Nous sommes assez isolés probablement en rapport avec la situation sanitaire inédite traversée. Le DAC peut nous aider à connaître les ressources à solliciter.

Nous avons besoin des médecins de ville mais nous n’arrivons pas toujours à les informer sur ce que font les EHPAD, les relations ne sont pas toujours simples, sereines et fluides.

Nous participerions volontiers à des formations organisées par le DAC, comme pour la prise en charge en soins palliatifs.

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